Accueil

Des Casques bleus prisonniers sur le Golan

Des Casques bleus prisonniers sur le Golan

Quarante-trois soldats de l’ONU, des Fidjiens, chargés de surveiller le cessez-le-feu entre Israël et la Syrie, sont retenus par un groupe armé islamiste.

La mission des Casques bleus sur le plateau du Golan, longtemps assimilée à une ennuyeuse sinécure, a pris une tout autre tournure avec l’intensification de la guerre en Syrie. Jeudi matin, un groupe de 43 soldats en charge du maintien de la paix a été capturé par des factions rebelles engagées depuis plusieurs jours dans d’intenses combats contre le régime le long de la ligne de cessez-le-feu avec Israël. Deux autres contingents regroupant environ 80 militaires philippins sont assiégés, dans leurs bases d’al-Ruwayhinah et de Burayqah, par des insurgés qui menacent de les attaquer s’ils ne rendent pas les armes. «L’ONU fait tous les efforts nécessaires pour obtenir la libération des Casques bleus et restaurer leur liberté de mouvement dans toute la zone d’opération», a indiqué jeudi Stéphane Dujarric, porte-parole des Nations unies.

La Force de l’ONU chargée de l’observation du désengagement (Undof), stationnée dans l’étroite bande de séparation créée après la guerre du Kippour (1973) sur la partie du plateau du Golan contrôlée par la Syrie, assiste depuis près de deux ans à l’intensification des combats entre rebelles et loyalistes pour le contrôle de cette zone stratégique. En mars et mai 2013 successivement, des Casques bleus ont été capturés par des groupes armés de l’opposition avant d’être rapidement libérés. Mercredi matin, la progression des groupes rebelles les a conduits à prendre position autour du terminal de Quneitra, unique point de passage entre Israël et la Syrie. C’est au cours de «cette période de combats intenses», selon l’ONU, que 43 Casques bleus originaires des îles Fidji ont été capturés. Un enlèvement d’autant plus inquiétant qu’il a été imputé par le département d’État américain à «des groupes armés non étatiques parmi lesquels figure le groupe terroriste Front al-Nosra», engagé sous la bannière d’al-Qaida.

Défendre les positions

Si les responsables des Nations unies indiquent avoir engagé des négociations pour obtenir la libération des soldats fidjiens, il semble que deux autres groupes de Casques bleus menacés par les rebelles aient reçu instruction de défendre leur position. Le colonel Roberto Ancan, responsable des opérations de maintien de la paix au sein de l’armée philippine, a exclu toute reddition. «Nous pouvons faire usage de nos armes, a-t-il assuré, affirmant que leur position est bien fortifiée. Nos hommes sont bien entraînés, ce sont des soldats du maintien de la paix disciplinés.»

Quelques kilomètres plus à l’ouest, sur la partie du plateau du Golan occupée par l’État hébreu, Tsahal a renforcé vendredi sa présence. Militaires et spécialistes du renseignement israéliens redoutent depuis plusieurs mois l’implantation de groupes islamistes armés dans l’étroite bande de terre qui s’étend entre le mont Hermon, au nord, et la rivière Yarmouk aux confins de la Jordanie. Une division spécialement entraînée a récemment été postée dans cette zone tandis que la clôture séparant les deux parties du plateau a été renforcée, de crainte que certaines factions ne choisissent de porter le fer contre l’État hébreu

Source: Lefigaro.fr. Par Cyrille Louis. Mis à jour Publié