Accueil

Droits de l’homme: les nouvelles menaces

La source : www.Libération.fr 10/06/2010 à 15h34 (mise à jour à 16h26).  Par ALINE BONTEMPS

42% des Français estiment que le respect des droits de l’homme a tendance à se dégrader, 16% voient une amélioration. Un «diagnostic sévère» d’après Jérôme Sainte-Marie, directeur associé de l’Isama (Institut de sondage, d’analyses de marchés et d’audience). «D’un problème que l’on ne souhaite plus aborder, la meilleure façon de s’en débarasser est de nier sa réalité. L’opinion publique française refuse cette facilité sur la question des droits de l’homme», estime-t-il.

1007 personnes âgées de 18 ans et plus ont été interrogées sur le respect des droits de l’homme dans le monde par l’Isama, dans le cadre de l’ouverture le 28 juin du quatrième Forum des droits de l’homme à Nantes.

Les menaces les plus importantes? L’intégrisme religieux revient dans 30% des cas, devant les difficultés économiques actuelles et la pression des entreprises filiales, toutes deux à 17%. Ce qui est étonnant, note Jérôme Sainte-Marie, c’est que seulement 12% des personnes interrogées estiment menaçants les régimes autoritaires.

Evolution des mentalités

Il constate que le «regain d’intérêt de l’opinion publique française» pour les droits de l’homme dans les années 70 «s’était fait avant tout sur la dénonciation des abus du pouvoir politique», la menace étant surtout «l’oppression policière» et «les exactions militaires», alors que désormais «ce sont des forces diffuses, obéissant à des logiques largement désincarnées» qui inquiètent désormais.

Près des trois quarts des Français considèrent également la crise économique actuelle comme une menace directe pour le respect des droits de l’homme. Mais 46% de «ceux que l’on considère comme les “acteurs économiques”» nient ce lien. 49% des personnes interrogées estiment que le respect des droits de l’Homme sont, plus qu’un «adjuvant», une condition au développement économique mondial, contre 18% qui le voient comme un frein.

L’opinion française sur le sujet du respect des droits de l’homme, loin d’être estompée par la crise, se serait donc au contraire «actualisée» et reformée dans le contexte mondial actuel.