Après Philippe Poutou dimanche, Benoît Hamon s’est rendu ce lundi à la maternité du Blanc (Indre) afin de soutenir le combat des habitants. Ces derniers occupent les locaux depuis onze jours pour empêcher la fermeture du service inactif depuis le 27 juin dernier.

Les habitants occupant depuis plus d’une semaine la maternité du Blanc, dans le département de l’Indre, reçoivent de nombreux soutiens. Le vendredi 19 octobre, le conseil de surveillance du centre hospitalier de Châteauroux s’était prononcé en faveur de la fermeture définitive du service. Cet avis favorable a provoqué une forte mobilisation citoyenne qui permet le déplacement d’élus tels que Benoît Hamon ce lundi. «Il connaît bien les problèmes de la Santé et reconnaît qu’il est très difficile de faire bouger les choses avec le gouvernement actuel», précise la maire du Blanc, Annick Gombert, au Figaro.
Le fondateur du mouvement Génération.s est arrivé dans les locaux en début d’après-midi. Il a échangé avec les membres du collectif «C pas demain la veille» et a rencontré les élus ayant présenté leur démission au préfet de l’Indre. «Le signal envoyé par les élus, je le trouve important. Ce n’est pas partout qu’on a des élus qui démissionnent quand les citoyens sont mobilisés», déclare Benoît Hamon aux journalistes présents au sein de la maternité. Il encourage les habitants à perpétuer leur résistance.
Le combat du collectif a été applaudi par la Confédération paysanne de la Vienne. Son porte-parole, Nicolas Fortin, indique que les membres du syndicat agricole se sentent «concernés par les services de proximité, y compris la maternité». D’après lui, elle «avait sa raison d’être» même si elle enregistrait «300 accouchements par an». «Pour que des gens puissent s’installer en agriculture dans ces zones-là, la présence de services est de plus en plus importante. On parle beaucoup des écoles, mais les services de santé sont aussi nécessaires», confie Nicolas Fortin.
Des délégations intersyndicales des centres hospitaliers de Vierzon, Poitiers et Toulouse étaient venues défendre la cause des habitants du Blanc, leur maternité étant aussi menacée.

Un dialogue de sourds?

Vendredi dernier, la directrice de l’Agence Régionale de Santé (ARS) avait demandé aux occupants de quitter les lieux afin de les recevoir. Ce à quoi Laurent Moreau répond ce lundi: «Nous n’avons vu personne de l’ARS ni de Châteauroux lors de l’occupation des locaux. C’est déjà un préalable de venir nous voir et nous rencontrer.» L’agence avait même proposé de mettre une sage-femme à disposition des services d’urgence. «Ce n’est pas se moquer du monde ça? Nous voulons une maternité, pas accoucher dans un service d’urgence, déplore l’agriculteur. Ça veut dire qu’on va accoucher aux urgences sans gynécologue obstétricien, sans anesthésiste, c’est ça la sécurité?»
Après des mois de silence, la maire du Blanc a enfin pu parler à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, lors d’un échange téléphonique ce lundi midi. «J’ai essayé de lui faire passer des choses, mais elle avait le même discours que l’ARS. C’est désespérant», avoue Annick Gombert. Elle organisera avec d’autres élus un référendum citoyen sur la santé fin janvier.

«Il y a une vraie révolte ici»

Philippe Poutou, porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste, s’est également rendu sur place dimanche. «C’est vrai qu’il y a une colère et une envie de changer la donne et donc d’essayer de faire respecter les intérêts de la population», a-t-il expliqué dans une vidéo publiée sur Facebook. Pour l’agriculteur Laurent Moreau, engagé dans la Confédération paysanne de l’Indre et dans le collectif «C pas demain la veille», «tous les soutiens sont bons à prendre». «Il faut se rendre compte qu’il y a une vraie révolte ici. Toute la population du territoire vient, ce sont 250 personnes qui passent par jour. La mobilisation des citoyens et des élus n’est plus à prouver», affirme-t-il au Figaro.
Source de: http://www.lefigaro.fr/

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