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Moldavie : des législatives pour sortir de l’impasse

La Source: www.LeFigaro.fr. Par Arielle Thedrel. 26/11/2010.

Ce petit pays est, devenu un laboratoire des relations Est-Ouest, est bloqué sur l’élection de son chef de l’État.

Les législatives de dimanche permettront-elles à la Moldavie, en panne de président depuis plus d’un an, de sortir de la crise politique? En septembre dernier, l’Alliance pour l’intégration européenne, coalition de quatre partis au pouvoir, avait tenté de dénouer l’imbroglio en organisant un référendum visant à amender la Constitution pour permettre d’élire le président de la République au suffrage universel. Faute de participation suffisante, la consultation avait été invalidée. Le président par intérim, Mihai Ghimpu, avait dû dissoudre le Parlement.

Douze partis en lice

Après deux scrutins législatifs en 2009 et le référendum de septembre dernier, les Moldaves se rendront donc pour la quatrième fois aux urnes en moins de deux ans. Seuls quatre des douze partis en lice devraient franchir le seuil de voix nécessaire (4%) pour entrer au Parlement: trois des quatre formations au pouvoir, ainsi que le Parti des communistes moldaves (opposition). Quel que soit le vainqueur, il est peu probable qu’il ait la capacité d’élire le chef de l’État. Selon l’ambassadeur de Moldavie à Paris, Oleg Serebrian, invité cette semaine de la Fondation Robert-Schumann, deux possibilités s’offrent pour éviter le cauchemar d’un nouveau scrutin l’an prochain: «Soit le Parlement s’accorde sur un candidat neutre, soit il modifie la Constitution pour réduire la majorité nécessaire à l’élection du chef de l’État» ( 61députés actuellement).

De Bruxelles à Moscou, ces élections seront sans doute observées à la loupe. Car ce petit pays de 4,3 millions d’habitants est devenu un laboratoire pour les relations Est-Ouest. Seule parmi les voisins orientaux de l’Union européenne, la Moldavie maintient le cap vers l’Ouest tandis que, depuis un an, l’Ukraine se rapproche spectaculairement de Moscou, que la Biélorussie semble vouée à demeurer une excroissance de la Russie et que la Géorgie se résout à tendre la main au Kremlin. L’arrivée au pouvoir, en juillet 2009, d’une coalition proeuropéenne à Chisinau a permis de resserrer les liens avec l’UE et de relancer les négociations pour un accord d’association. Contre toute attente, cette orientation proeuropéenne ne contrarie pas la Russie, dans la mesure où la Moldavie affiche prudemment sa neutralité, c’est-à-dire exclut d’intégrer l’Otan. Le Kremlin, soucieux d’améliorer son image depuis le conflit géorgien de 2008, veut apparaître aujourd’hui «comme une puissance responsable», explique le politologue Florent Parmentier.

La résolution du conflit gelé de la Transnistrie pourrait lui en fournir l’occasion. La Transnistrie a fait sécession en 1990 de la Moldavie. Quelque 800 soldats russes y stationnent. Ouvertes en 1993, les négociations menées sous l’égide de l’OSCE, de l’Ukraine et surtout de la Russie piétinent. Ce dossier a été évoqué lors du sommet Allemagne-France-Russie de Deauville en octobre dernier.